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L’INTERVIEW D’ALEXANDRA pour l’Académie Charles-Dullin

Certifiée du Mooc Mettre en scène est un métier, et inscrite au Mooc Lire le théâtre, Alexandra a réalisé un stage d’assistante metteur en scène auprès de François Rancillac – Théâtre de l’Aquarium, dans le cadre de sa nouvelle création Les Hérétiques, pièce commandée à Mariette Navarro autour de la question de la laïcité.

Les missions de l’assistant metteur en scène

 

ACADÉMIE CHARLES-DULLIN : COMMENT EN ES-TU VENUE AU THÉÂTRE, ET PLUS PARTICULIÈREMENT À LA MISE EN SCÈNE ?

ALEXANDRA M. : J’ai découvert tard le théâtre, et en le pratiquant. J’ai commencé à pratiquer le théâtre à 29 ans, dans le cours amateur d’une MJC –  Maison des Jeunes et de la Culture. Mais mon désir de faire du théâtre remonte à plus loin, je n’osais pas passer le cap de monter sur scène car j’étais une grande timide. Mais j’avais une très forte envie de théâtre.

Petite, je faisais des petits sketchs pour ma famille, avec ma sœur ou ma cousine.
Il a fallu attendre mes 29 ans, que j’ai un peu plus confiance en moi pour m’inscrire à un cours.

 

ACD : TU AS DONC D’ABORD DÉCOUVERT LE THÉÂTRE PAR LE JEU, EN TANT QUE COMÉDIENNE ?

AM : En effet, j’ai fait des études littéraires, je savais donc ce qu’était une pièce de théâtre, mais ce n’était pas mon domaine de prédilection. J’étais plutôt spécialisée en poésie et j’ai rédigé un master en stylistique de la poésie contemporaine. J’avais du mal donc à comprendre le fonctionnement d’un texte de théâtre comme je ne le pratiquais pas. Et je n’étais pas particulièrement attirée par le théâtre, même pendant mes études littéraires, je n’allais pas beaucoup au théâtre.

C’est donc la pratique qui m’a ramenée à des envies de sens et de mise en scène.

Dans la MJC où j’ai pris mes premiers cours de théâtre, j’ai choisi un « cours libre » sans texte et sans spectacle, d’une grande liberté, pour justement me libérer du texte, avoir une approche plus corporelle et libre.
J’ai d’abord eu besoin de découvrir le théâtre par l’improvisation et le clown, pour ensuite revenir au texte. Ça a été une étape importante pour moi, une étape complètement décisive.

Je me souviens du premier jour où je suis montée sur scène, j’ai eu l’impression qu’il se passait quelque chose, l’impression d’être totalement libre.

Puis très vite, j’ai eu envie de faire plus de théâtre, les deux heures hebdomadaires à la MJC ne me suffisaient plus. C’est ainsi que j’ai découvert qu’il existait des conservatoires avec des formations de 7 à 10h de cours par semaine.
Le problème était mon âge. La limite d’âge pour les inscriptions était de 25 ans, j’en avais 29. Il fallait aussi passer des auditions pour pouvoir s’inscrire. Je n’avais pas conscience de tout ça au départ, mais je l’ai fait, un peu pleine d’inconscience malgré mon âge, j’ai quand même fait les démarches pour passer les auditions !
J’ai donc passé les auditions au Conservatoire de Poitiers où j’ai été prise.

Puis pendant deux années, je ne me suis consacrée uniquement au théâtre, en abandonnant mon emploi d’enseignante. J’avais envie de jouer !

Plus tard, j’ai découvert les Mooc de l’Académie Charles-Dullin, ouvert à tous et sans limite d’âge !

Pourquoi les Mooc Charles-Dullin : LA THÉORIE

Pourquoi les Mooc Charles-Dullin : LA PRATIQUE

ACD : TU AS SUIVI LES MOOC METTRE EN SCÈNE EST UN MÉTIER ET LIRE LE THÉÂTRE, POURQUOI CES CHOIX ? 

AM. : Au départ, j’aurais aimé reprendre des études en arts du spectacle mais cela aurait difficilement compatible avec mon métier de professeur. C’est donc au hasard, en surfant sur le net, que j’ai trouvé ce Mooc de l’Académie Charles-Dullin « Mettre en scène est un métier » qui me permettait de travailler à mon rythme et aussi, élément non négligeable, de me former à moindre coût.
Ensuite, j’ai choisi de m’inscrire à « Lire le théâtre » pour savoir si les outils de l’analyse littéraire que j’ai acquis pendant mes études universitaires sont les bons en ce qui concerne la dramaturgie. Et parce que c’est un champ qui m’intéresse particulièrement.

 

ACD : SELON TOI, QUELLE PLUS-VALUE APPORTENT LES INTERVIEWS DE METTEURS EN SCÈNE ?

AM. :  J’aime voir comment chaque metteur en scène travaille, découvrir les priorités de chacun, d’ailleurs je passe beaucoup de temps sur internet à écouter des interviews, notamment sur le site théâtre-contemporain.net . On y découvre que certains ont un rapport au texte très fort, ou un rapport au collectif important… C’est une manière de se dire « à toi de trouver ta ligne, il n’y a pas de modèle prédéfini, chacun est différent ».

 

ACD : TON INTERVIEW PRÉFÉRÉ ?

AM. : Dans Lire le théâtre, celui d’Anne-Laure Liégeois, sa personnalité m’a marqué, entre un grand respect des textes et une immense liberté. Je crois aussi qu’au delà de son propos artistique, le fait qu’elle soit une femme metteur en scène, avec une formation littéraire à la base (en lettres classiques) me fournit une sorte de modèle à suivre.

 

ACD : LES TEXTES SUR LESQUELS TU AIMERAIS TRAVAILLER ?

AM. : J’ai relu récemment Les Bonnes de Jean Genet et je me dis qu’il y a surement quelque chose à faire avec ce texte : une actualisation en terme de « lutte des classes » car ce terme n’est pas un gros mot et on n’ose plus l’envoyer. Et puis Jean Genet est un très grand auteur, avec une vraie langue, une personnalité hors norme et politiquement incorrect.

Il y a aussi un texte de Jean-Pierre Siméon, à la frontière de la poésie et du théâtre qui m’intéresse beaucoup : il s’agit du Stabat Mater Furiosa, un monologue féminin, un cri de douleur sur la guerre.

Et Koffi Kwahulé, un auteur que j’ai découvert au Conservatoire de Poitiers, que j’aime beaucoup pour son humour, le propos de ses textes et son écriture. J’aime quasiment toutes ses pièces, j’aimerais un jour monter l’une d’elle, notamment Nema, une pièce aux forte résonances féministes.
Et bien sûr il y a les classiques comme Molière, mais il faudrait d’abord que je tue un peu l’admiration que j’ai pour l’auteur, qui pourrait me tétaniser.

Tous les auteurs que j’aime ont en commun une langue forte et non quotidienne. J’aime aussi qu’il y ait une certaine agressivité, une fureur du dire.

 

ACD : DES CONSEILS DONNER AUX FUTURS STAGIAIRES ASSISTANT METTEUR EN SCÈNE ?

AM. : Je leur conseillerai de se plonger un maximum dans le projet, et de réunir toutes les informations possibles ; intellectuelles, dramaturgiques et techniques, afin d’avoir une très bonne maitrise du projet dans sa globalité.

Et puis il faut trouver sa place, ce qui n’est pas évident, la place de l’assistant metteur en scène n’étant pas clairement définie.
Elle dépend beaucoup du metteur en scène.

Dans mon cas, j’ai d’abord observé, je me suis mise un peu en retrait, afin de voir quelle place on me laissait, pour pouvoir l’occuper pleinement ensuite. Il ne faut pas hésiter non plus à poser des questions sur son propre rôle. Observer dans un premier temps et questionner ensuite, voilà ce que j’ai fait, et que je conseillerais.

 

ACD : LE + DE CE STAGE ?

AM. : Ça m’a donné l’impulsion de me lancer !
Le théâtre n’existe qu’avec une équipe, j’avais peur d’être un peu seule, mais là, c’est bon, je vais pouvoir construire mon équipe et me lancer ! Un grand merci à François Rancillac, et à l’Académie Charles-Dullin qui offre cette possibilité à des personnes comme moi, avec un parcours atypique, de se lancer dans la mise en scène de façon professionnelle !

 

ACD : QUAND EST-CE QUE TU TE LANCES DANS UN PROJET DE MISE EN SCÈNE ?

AM. : En 2019 j’y vais !
Les projets de ce début d’année 2019 : créer une compagnie, trouver des comédiens et surtout de choisir un texte !

AFFIRMER SA LIGNE en tant que future metteure en scène