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La direction

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Dans le cadre de la création de son spectacle L’Échange de Paul Claudel, Christian Schiaretti a proposé à six élèves de l’Académie Charles-Dullin, détenteurs d’un certificat, d’assister exceptionnellement et en exclusivité, à une journée de répétitions à ses côtés le mardi 30 octobre 2018 au TNP.

Pauline a assisté à cette journée, voici son retour. Une expérience professionnelle dont elle tirera profit par la suite.

 

Christian Schiaretti : le metteur en scène et l’ homme engagé
À la fin de la répétition, Christian Schiaretti est venu s’adresser à nous (nous : les six certifiés de l’Académie Charles-Dullin).

Et nous avons alors rencontré à la fois le metteur en scène, le constructeur (en bâtiment), l’amoureux de Claudel, l’homme engagé politiquement, le pédagogue, mais aussi, un homme très bienveillant à l’égard de ses comédiens, et à notre égard aussi.
Avec beaucoup d’humour et de sympathie, il a pris le temps de nous raconter tout ce qu’il a traversé dans sa carrière, un moment très intéressant.

La position qu’il a en tant que metteur en scène dans ce monde de théâtre, est une place à part car il a un propos précieux et rare. Ce n’est pas la première pièce que je voyais de Christian Schiaretti, mais dans L’échange, il y a un travail précieux et magnifique sur la langue.
Il a une place de transmetteur, avec un immense respect de la langue et à la fois Il a une place politique et publique, il a une histoire dans le théâtre populaire (Christian Schiaretti est directeur du TNP deuis 2002)).

 

La Direction d’acteurs, une précision d’orfèvre

 

Une mise en scène au service du langage
Dans la création L’échangeur de Paul Claudel, l’espace et la scénographie oeuvrent pour que le texte résonne, c’est tout !
Il n’y qu’a écouter le texte, entendre ces vers libres.

Christian Schiaretti disait qu’ils avaient travaillés plus de 6 mois pour accéder au plus proche de cette poésie. Cette poésie est soutenue par une scénographie : des éclairages, un peu de son, très léger, et de temps en temps une amplification (très légère). Par exemple le personnage de Francine Bergé, Lechy Elbernon a une voix amplifiée, et ça correspond presque à une espèce de transe.
C’est juste superbe.

C’est mise en scène du verbe, les mots sont mis en scène, la parole de l’auteur est mise en scène
et là, on accède à Claudel par n’importe quel chemin, Claudel qui n’est pas un auteur facile : soit par la beauté des mots, soit par la poésie, soit par le sens des mots, tout est donné.

et c’est soutenu par des acteurs surpuissant ! Robin Renucci, un danseur étoile vertical, comme le sable qui tombe (référence à la mise en scène), Francine Bergé, un mouvement dans son corps suit le texte. Ces deux personnages physiquement aériens, insaisissables, dangereux, plein de charme.

À côté d’eux, le jeune couple Louis Laine et Marthe. Tous deux au contraire très terriens, costauds, bien plantés, ils parlent avec leurs bras, leurs mains, leur corps est engagé.

C’est très fort, car tout est dilué dans le texte, ce n’est jamais mis en avant autrement que par le texte.