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En immersion

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Philippe Gaudry et Clémence de Vimal sont ceritifié.e.s de l’Académie Charles-Dullin. Certificat en poche, ils ont suivi un stage d’immersion et sont allés suivre les répétitions de Littoral de Wajdi Mouawad au Théâtre de la Colline. Voici leurs retours !

Académie Charles-Dullin : Quel stage d’immersion avez-vous suivi ?

Clémence de Vimal : Une répétition de Littoral de Wajdi Mouawad, une semaine avant la première représentation. Certaines scènes n’étaient pas encore construites. C’est une reprise de spectacle, avec une toute nouvelle distribution.

Philippe Gaudy : J’ai assisté aux « presque » dernières répétitions, une semaine avant la première du spectacle. Il est intéressant de voir qu’à ce stade des répétitions, les manières de travailler et les prises de risques sont très différentes.

A.C.D. : Que raconte cette pièce ? Avec quelle équipe est-elle jouée ?

P.G. : Au théâtre de la Colline, la pièce répétée est celle écrite par Mouawad Littoral. Elle raconte l’histoire d’un fils qui souhaite enterrer son père, récemment décédé, dans son village de naissance.

C.D.V. : La pièce est sur le rapport à la mémoire, au deuil et à la jeunesse. Je ne connaissais pas l’équipe. Il y avait deux distributions, une avec le « héros » en personnage féminin et l’autre en personnage masculin.

A.C.D. : Pouvez-vous décrire le travail corporel des acteurs et leur rapport à l’espace ?

C.D.V. : Ce qui m’a frappé c’est l’agilité des acteurs, ils avaient tous un corps prêt à bondir, souple, travaillé, tenu et c’était beau à voir.

P.G. : Dans l’extrait répété, les acteurs se rassemblaient pour dormir, et leurs postures devaient traduire leur inconfort. Certains tentaient de dormir les jambes levés, d’autres le corps vrillé. J’ai particulièrement noté que l’espace libre de la scène leur permettait de se concentrer à la fois sur eux-mêmes mais aussi à leur liberté. L’espace « vide » leur permet les grandes démarches et les grands mouvements.

A.C.D. : Est-ce que le fait d’avoir assisté à ces répétitions vous sert pour votre pratique de metteur.e en scène ?

P.G. : C’est évident. J’ai été incroyablement nourri par la liberté et l’effervescence de Wajdi Mouawad durant ces répétitions. Physiquement, il n’arrête pas d’arpenter la scène, de s’arrêter, s’accroupir, se tordre les cheveux. Sa création s’effectue au présent. Il est là, avec des lignes directives larges, à laisser émerger tous les possibles. C’est un déséquilibre favorable à la création que de laisser la balance pencher du côté de l’incertitude et du doute. J’ai vu là à l’œuvre ce que toute création exige : du temps, de la disponibilité, un collectif, un metteur en scène mis à disposition de sa création. Je ne pense pas possible de soupçonner qu’il a déjà plusieurs fois mis en scène ce texte tant il laisse la nouveauté émerger.

Mettre en scène est avant tout une façon d’être.

C.D.V. : Oui car je me suis dit : « une répétition reste une répétition ». Il y a le metteur en scène et les comédiens et on reprend, encore et encore, et cela m’a beaucoup rassuré !