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François Rancillac

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Le metteur en scène François Rancillac a accompagné le travail de plusieurs élèves de l’Académie Charles-Dullin. Il raconte son expérience de tuteur pour nos formations.

Académie Charles-Dullin : Pourquoi avez-vous accepté d’être tuteur de notre formation en ligne ? 

François Rancillac : La transmission fait depuis toujours partie de ce qui anime le metteur en scène que je suis. Autant en direction des futur.e.s artistes professionnel.le.s que des artistes amateur.e.s. La formation à la direction d’acteurs, à la mise en scène, à la mise en place de projets est aussi rare que nécessaire à bon nombre de « porteur.e.s de projets », qu’ils/elles s’inscrivent dans un cadre professionnel ou amateur. Il était donc logique que je participe à la proposition offerte par l’Ecole Charles Dullin.

A.C.D. : Dans les tutorats que vous avez effectués, qu’avez-vous transmis ? de quel ordre étaient vos échanges ? 

F.R. : Il est délicat de dialoguer avec une personne qu’on ne connaît pas du tout, dont on n’a jamais vu le travail, dont on ne connaît pas les préoccupations théâtrales (esthétiques, politiques,…). J’essaie tant bien que mal d’aider chacun.e à définir les questions les plus urgentes et/ou les plus importantes – sinon à les entendre en creux dans ce qui m’est dit. Pour y apporter non des solutions (à chacun.e de trouver les siennes propres ! Et il n’y a en la matière pas de « recettes » pré-cuites…) mais des conseils d’approche, de méthode. Souvent le plus important est de savoir nommer le problème, c’est-à-dire de reprendre de la distance par rapport à une situation tendue ou confuse. Savoir prioriser aussi les tâches, les sujets à traiter. J’essaie d’être aussi concret que possible, tout en inscrivant ces questions dans les enjeux fondamentaux de la création artistique de l’apprenant.e (qu’est-ce qu’il/elle cherche à raconter au plateau ? Quel langage est convoqué ? Quelle éthique, aussi ?)

A.C.D. : La formation en ligne et les échanges avec les élèves sont-ils concluants pour avancer dans une formation à la mise en scène ?

F.R. : « Concluants », je n’en sais sincèrement rien, n’ayant pas de retours concrets des apprenant.e.s rencontrées via les MOOC. La médiation de l’électronique, si elle est fort pratique (notamment pour les personnes habitant « loin » et/ou accaparées par d’autres activités professionnelles), a aussi ses limites (notamment pour ce qui concerne la direction d’acteurs : ne pas être dans le même espace de travail, en présence réelle des comédien.ne.s, reste frustrant…). Les apprenant.e.s ont l’air plutôt satisfait.e.s à l’issue des entretiens, ce sera plutôt à eux, à elles à témoigner in fine si cet accompagnement leur a véritablement servi à quelque chose.


François Rancillac

Metteur en scène, il monte depuis 1985 des auteurs aussi divers et variés que Racine, Jean-Luc Lagarce, Jean Giraudoux, Hanokh Levin, Sophie Calle ou encore Falk Richter.

François Rancillac a assuré la direction artistique du Théâtre du Peuple de Bussang (1991-1994), été artiste associé au Théâtre de Rungis (1992- 1994), à l’ACB/Scène Nationale de Bar-le-Duc (1996-1999). De janvier 2002 à mars 2009, il dirige La Comédie de Saint-Etienne, puis, de 2009 à 2018, le Théâtre de l’Aquarium à la Cartoucherie (Paris). Il poursuit depuis son aventure de création avec sa compagnie, Théâtre sur paroles.