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Pierre Notte

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Le metteur en scène Pierre Notte a accompagné le travail de plusieurs élèves de l’Académie Charles-Dullin. Il raconte son expérience de tuteur pour nos formations.

Académie Charles-Dullin : Pourquoi avez-vous accepté d’être tuteur de notre formation en ligne ?

Pierre Notte : Pour être un peu moins inutile au monde par les temps qui courent. Et tenter, fort des années de doutes, d’affres et de tergiversations, d’inexpérience inutiles, de désillusions et de déceptions, de permettre à quelques personnes très déterminées et volontaires de gagner un peu de ce temps que j’ai pour ma part tellement perdu. Évoquer avec eux l’administration, la production, la diffusion des projets, rappeler que tout projet de mise en scène induit bien d’autres préoccupations (aucune n’est insoluble) que des préoccupations artistiques.   

A.C.D : Dans les tutorats que vous avez effectués, qu’avez-vous transmis ? de quel ordre étaient vos échanges ?

P.N : Échanges cordiaux, sympathiques, très agréables en tant de confinement et d’inquiétudes extrêmes. Partager les mêmes peurs, d’abord, et évoquer surtout ce sentiment d’illégitimité partagé par tous. C’est une affaire de cadres (administration, direction de production, diffusion, construction des projets avec tout ce que cela implique en matière de droits, de contrats, d’assurances, de comptabilité…) Quand le cadre est fixé, moins flou, le sentiment d’illégitimité s’estompe.

A.C.D : La formation en ligne et les échanges avec les élèves sont-ils concluants pour avancer dans une formation à la mise en scène… ?
P.N : Les échanges peuvent s’avérer indispensables, quand on conçoit que la mise en scène est un art qui implique le montage et la production de projets, eux-mêmes impliquant des individus à protéger, à cadrer socialement, acteurs, auteurs, artisans du théâtre et tous les métiers du plateau et de ses alentours.
Mettre en scène, c’est porter un projet dans tout ce qu’il induit en termes de production, d’administration, de comptabilité, d’assurances, de démarches politiques et sociales, professionnelles, administratives et autrement laborieuses. Une approche technique s’impose. La formation en ligne et les échanges peuvent permettre d’y voir plus clair.


Pierre Notte

Auteur, compositeur, metteur en scène, comédien, Pierre Notte a été animateur dans un centre de loisirs, journaliste et secrétaire général de la Comédie-Française. Il est depuis 2009 auteur associé et rédacteur en chef au Théâtre du Rond-Point, où il a écrit et mis en scène J’existe ( foutez-moi la paix) (2009) ; Sortir de sa mère et La Chair des tristes culs (2013) ; Perdues dans Stockholm (2014) ; C’est Noël tant pis (2015), Sur les cendres en avant (2016) et La Nostalgie des blattes (2017). Il a mis en scène Kalashnikov, de Stéphane Guérin (2013), et joué dans sa pièce Et l’enfant sur le loup (2010), mis en scène par Patrice Kerbrat. Ses pièces ont été présentées en France, en Allemagne, en Italie, en Grèce, en Autriche, en Angleterre, au Japon, en Bulgarie, aux États-Unis, au Liban ou en Russie. À Tokyo, il a donné des récitals de chansons, et signé en 2015 la mise en scène de Moi aussi je suis Catherine Deneuve en japonais. Il est l’auteur des romans Quitter le rang des assassins (Gallimard, collection blanche, 2018), J’ai tué Barbara (Philippe Rey, 2018), Tokyo, Catherine et moi (Gallimard, le sentiment géographique, 2017), La Chanson de madame Rosenfelt (Maurice Nadeau, 1993).
Il est chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres. Il a été nommé à cinq reprises dans la catégorie « auteur » aux Molières, il a reçu le prix jeune talent de la SACD, le prix Émile Augier de l’Académie française et le prix Beaumarchais 2017 du Figaro. Sa compagnie Les gens qui tombent a pour parrains Judith Magre et Fernando Arrabal, elle est administrée par le bureau En votre compagnie.