fbpx

rencontre avec

rechercher

X

Rencontre avec la comédie musicale

Sira a assisté aux répétitions de Funny Girl – Broadway Musical mis en scène par Stephen Mear au Théâtre Marigny. Une expérience pour le moins enrichissante pour cette jeune metteure en scène.


Après avoir effectué le Mooc La Direction d’acteurs version certifiante de l’Académie Charles-Dullin au début de l’année 2019, j’ai accepté « officiellement » la reprise d’une mise en scène sur un sujet délicat (les violences conjugales). Tout ce travail a l’école m’a beaucoup apporté sur la question de légitimité entre autre.

Comédienne professionnelle de formation conservatoire ayant ensuite fait des stages assez intensifs sur d’autres méthodes en Allemagne et aux États-Unis, je reste tout de même une enfant des années 80 bercée par une image multidisciplinaire et music-hall des interprètes américains. 

La comédie musicale n’avait véritablement de sens dans mon esprit qu’à l’américaine (Cats, West Side Story, Fame, Chicago…). Mais en grandissant dans ce métier, la question de la place de la création, de la personnalité du metteur en scène, des propositions des interprètes est devenue de plus en plus présente.
C’est pour cela que le fait d’avoir pu assister ces répétitions était une énorme opportunité.

Il était fascinant d’observer la beauté de la technique, lumières, décors, l’indispensable soin apporté au son.
Ce qui c’est ensuite traduit, chez moi, par un questionnement personnel sur ce type de mise en scène. La comédie musicale Broadway semble être devenue un mythe : on en fait de nouvelle cependant, mais jamais on ne touche à la mise en scène originale des anciennes. Ce qui semble bizarrement plus figé que les grands ballets classiques ou opéras.

En effet, en assistant à 3 répétitions je n’ai vu qu’une seule fois le metteur en scène diriger ; plutôt de l’ordre de l’ajustement (déplacements, poses, articulation/prononciation…)
Qu’est-ce qui différencie un metteur en scène d’un autre ? Où reconnaissons-nous leur personnalité ? L’interprétation se limite-t-elle à la seule question de la justesse ? 

Par rapport au théâtre, d’où je viens et vers lequel je souhaite aller (peut-être), tout semble presque excessif : recherche de l’émotion, d’où partent le mot et la voix, le sens oublié au bénéfice de l’image ?
On peut aussi se poser la question du point du vue du spectateur : est-ce encore ce que le public souhaite voir ? Et quel type de public ?
Ne peut-on pas, tout de même, donner une lecture personnelle de ces histoires, en sous trame ?

En conclusion, c’est un monstre aussi fascinant (gestion, occupation du plateau, interprètes multidisciplinaires, moyens et créations techniques) qu’effrayant. 
J’aurai aimé, à défaut de pouvoir faire un retour dans le temps et d’observer la première création, avoir l’opportunité d’observer plus tôt le travail de la mise en scène et de la direction d’acteurs : presque au moment du casting ou lorsque les interprètes commençaient tout juste à travailler ensemble.

Je pense que c’est là que le metteur en scène avait (artistiquement, poétiquement) le plus de place.