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Stage d’observation

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Stage d’observation, dans l’intimité de la mise en scène aux côtés d’Olivier Letellier au Grand T

Ce stage va contribuer à faire évoluer mon écriture dramatique à une écriture scénique. – Izanne

Un furieux désir de bonheur d’ Olivier Letellier d’après un texte de Catherine Verlaguet

J’ai suivi le MOOC «  Lire le théâtre  », «  Mettre en scène est un métier  », la Masterclasse d’Olivier Py et je vais également suivre «  Concevoir et diriger un projet  » au mois de janvier 2020 prochain.

Après une première expérience d’observation du conte théâtral L’amour vainqueur  d’Olivier Py à Avignon en juillet 2019, Un furieux désir de bonheur d’Olivier Letellier au Grand T à Nantes était la suite logique pour approfondir ma connaissance du théâtre pluridisciplinaire. Avec une première pièce mise en scène de mon texte (commande d’écriture) La saillie de l’innocence par Christophe Thébault du KRIZO Théâtre en 2018, j’ai pour projet un spectacle regroupant plusieurs disciplines artistiques. Avec les connaissances acquises grâce aux MOOC et à ces deux stages, j’envisage d’en faire la mise en scène.

Si ce stage d’observation m’a permis d’observer la direction d’acteurs et de découvrir tous les aspects de la création théâtrale avec ses contraintes techniques, j’ai trouvé, en tant qu’auteure dramatique, un intérêt tout particulier à voir à l’œuvre un système de narration autre que celui du récit dans le théâtre réaliste ou naturaliste. C’est une première approche pour apprendre à construire une proposition dramaturgique qui correspond à un type de mise en scène dans le cadre d’une production chorégraphique et musicale.

J’ai pu assister à un processus de création très collaboratif pendant les répétitions entre Olivier Letellier, son assistant (Jonathan Salmon), le chorégraphe (Sylvère Lamotte) et les sept comédiens danseurs et/ou circassiens. Grâce à leurs multiples échanges quotidiens de 11 h à 12 h auxquels j’ai assisté, la mise en scène et le texte ont évolué. Ce dernier, découpé en 25 tableaux, en était à la 19e version et la deuxième semaine de résidence.

  • Dans ce spectacle de danse conté, j’ai pu découvrir comment l’expression corporelle devient un langage qui structure l’histoire et devient un miroir d’état du personnage.
  • Le travail de l’anticipation du corps sur le texte, l’opposition du corps avec le texte donne du relief et une autre dimension au personnage. Si le mouvement est souvent un moteur, il met parfois en exergue quelque chose de subi. La cohérence du personnage dépend entièrement du séquencement du mouvement et des paroles et de l’intention du jeu.
  • La narration met en lumière l’incompréhension alors que le corps révèle tout autre chose. Les personnages sont à la fois les narrateurs et les acteurs de l’histoire.
  • La distinction entre le passé et le présent se fait grâce à des repères temporels («  j’avais douze ans  », «  Léonie fêtait ses 70 ans  », «  c’était il y a un an  »).
  • Le drame qui s’exprime à travers la chorégraphie est contrebalancé par une certaine distance dans le discours. Les dialogues sont souvent indirects et les personnages se parlent rarement face à face. Le groupe en chœur peut répondre à l’individu (ou l’inverse) comme le corps est parfois juste un contre-poids à un autre. Les quelques monologues sont des séquences courtes. Les transitions se font avec des «  fondus enchaînés  ».

J’ai également pu observer l’évolution de la scénographie avec le choix d’un décor minimaliste et quelques accessoires (un lustre, allégorie des années qui passent et des manteaux suspendus qui descendent sur scène). Un fauteuil servait d’élément central à l’espace scénique autour duquel les comédiens évoluaient pendant tout le spectacle. Ils l’intégraient à leur jeu et à la chorégraphie en le déplaçant. Les comédiens revêtaient leurs costumes pour le filage après les deux répétitions quotidiennes elles-mêmes précédées d’un échauffement.

Cette immersion au Grand T m’a aussi donné l’occasion de voir Christophe Raynaud Delage prendre les photos pour la promotion du spectacle et j’ai pu échanger brièvement avec Vincent Bexiga (interprète LSF) et Catherine Verlaguet.

Ce stage a répondu à mes attentes en tant qu’apprenante. Il va contribuer à faire évoluer mon écriture dramatique à une écriture scénique.